
L’an passé, les
trois livres les plus vendus aux États-Unis étaient «Cinquante nuances de
Grey », « Cinquante nuances plus sombres » et « Cinquante
nuances plus claires ». Eux trois forment la trilogie « Fifty Shades »
dont le lectorat connaît aujourd’hui. Son auteur, E. L. James, s’est tout
d’abord inspiré de la grande histoire d’amour entre Edward et Bella dans la
saga Twilight. Elle en a modifié l’histoire, ajoutant un aspect bien plus osé,
ce qui donne « Fifty Shades ». Car oui, en effet, il s’agit bel et
bien de romans pornographiques à saveur sadomasochiste. Plusieurs commencent la
lecture sans savoir dans quel genre ils s’embarquent…
Cette saga raconte
l’histoire d’une jeune et timide étudiante, Anastasia Steele, qui décide de
venir en aide à sa meilleure amie en allant interviewer un P.D.G d’entreprise à
sa place. Elle fait donc la rencontre de ce sublime millionnaire, au doux nom
de Christian Grey, possédant un appétit sexuel irréfutable. Celui-ci est
également pris d’un désir de dominer au boulot comme dans la chambre à coucher…
Submergée par ses sentiments, la mademoiselle n’a d’autres choix que de suivre
les volontés du monsieur… Elle accepte donc de se soumettre à cet homme
ténébreux… mais jusqu’à quel point?
Selon les
observateurs américains, « Fifty Shades » présente un nouvel aspect
dans la littérature érotique. Donnerait-on une chance au style qui aurait été
trop longtemps ghettoïsé? On pourrait même dire que ce best-seller représente
une certaine « révolution ». Au départ destinés aux femmes au foyer,
ces livres remportent au final un succès monstre auprès de toute la gent
féminine. Il est curieux que la littérature érotique gagne énormément en
popularité. Les romans Harlequin ne sont habituellement pas menés à un succès
aussi florissant! Pourquoi est-ce le cas avec « Fifty Shades »?
Plongeons-nous dans le récit un peu…
Le contenu se
révèle plutôt médiocre. Pourquoi? En premier lieu, l’histoire tourne en rond.
Anastasia se demande sans cesse s'il vaut mieux pour elle de se défaire de
l’emprise du « cinquante nuances » ou non. Dans le premier tome, le
but du livre semble porter uniquement à savoir si la mademoiselle va finir par
céder à ses avances. Les réflexions d’Anastasia ne sont que des longueurs qui
deviennent lassantes. De plus, la seule menace existante du livre ne semble pas
représenter un véritable danger… Elle devrait être davantage présente afin
qu’on lui accorde de l’importance. On peut alors déduire que l’histoire est
vide. En second lieu, la trilogie se révèle à être très
« gentillette » et puritaine alors qu’on s’attendrait à davantage de
déchirements, de crises…et de souffrance! En effet, l’héroïne est terrifiée à
l’idée de fessées, troublée face à un martinet… Bref, elle est perplexe sur
tout et n’importe quoi. Au final, on pourrait dire d’elle une pauvre petite
fille coincée par la vie. Cependant, tout est bien qui finit bien, dirait-on!
Pour un genre sadomasochiste, « Fifty Shades » aura plus ou moins
réussi son coup… On pense découvrir de nouveaux horizons, toutefois il n’en est
rien.
Niveau forme,
c’est, par le fait même, loin d’être meilleur que le contenu. E. L. James s’est
autoédité, puis n’a pas voulu bénéficier de relectures lors de son arrivée dans
une maison d’édition. Voilà la raison des fautes littéraires qu’on y retrouve.
La première :
il y a énormément de répétitions. Anastasia rougit deux fois par page et se
mord les lèvres tous les trois paragraphes. De plus, le mot « jouir »
devient complètement banal à force d’en abuser…
Le vocabulaire
représente une autre faute majeure. Il est pauvre. Le niveau de complexité de l’écriture
ne correspond pas à une littérature érotique. Il est très léger, voire
enfantin. Quelle ironie de croire que c’est une écriture pour adultes!
La troisième
faute est en lien avec le rythme du récit. Il y a énormément de longueurs.
Plusieurs passages traînent.
Les livres de la
saga ne sont donc pas si extraordinaires. L’auteure le dit elle-même : «Je
suis impressionnée » en ajoutant que ses œuvres n’ont rien de
révolutionnaire et qu’ils ne sont pas si bien écrits. Pour de la littérature
érotique sadomasochiste, on pourrait faire mieux. Alors difficile de comprendre
ce succès planétaire…
Aucun commentaire:
Publier un commentaire