lundi 30 septembre 2013

La trilogie "Fifty Shades", un nouveau style de best-seller



   L’an passé, les trois livres les plus vendus aux États-Unis étaient «Cinquante nuances de Grey », « Cinquante nuances plus sombres » et « Cinquante nuances plus claires ». Eux trois forment la trilogie « Fifty Shades » dont le lectorat connaît aujourd’hui. Son auteur, E. L. James, s’est tout d’abord inspiré de la grande histoire d’amour entre Edward et Bella dans la saga Twilight. Elle en a modifié l’histoire, ajoutant un aspect bien plus osé, ce qui donne « Fifty Shades ». Car oui, en effet, il s’agit bel et bien de romans pornographiques à saveur sadomasochiste. Plusieurs commencent la lecture sans savoir dans quel genre ils s’embarquent…
   Cette saga raconte l’histoire d’une jeune et timide étudiante, Anastasia Steele, qui décide de venir en aide à sa meilleure amie en allant interviewer un P.D.G d’entreprise à sa place. Elle fait donc la rencontre de ce sublime millionnaire, au doux nom de Christian Grey, possédant un appétit sexuel irréfutable. Celui-ci est également pris d’un désir de dominer au boulot comme dans la chambre à coucher… Submergée par ses sentiments, la mademoiselle n’a d’autres choix que de suivre les volontés du monsieur… Elle accepte donc de se soumettre à cet homme ténébreux… mais jusqu’à quel point?
   Selon les observateurs américains, « Fifty Shades » présente un nouvel aspect dans la littérature érotique. Donnerait-on une chance au style qui aurait été trop longtemps ghettoïsé? On pourrait même dire que ce best-seller représente une certaine « révolution ». Au départ destinés aux femmes au foyer, ces livres remportent au final un succès monstre auprès de toute la gent féminine. Il est curieux que la littérature érotique gagne énormément en popularité. Les romans Harlequin ne sont habituellement pas menés à un succès aussi florissant! Pourquoi est-ce le cas avec « Fifty Shades »? Plongeons-nous dans le récit un peu…

   Le contenu se révèle plutôt médiocre. Pourquoi? En premier lieu, l’histoire tourne en rond. Anastasia se demande sans cesse s'il vaut mieux pour elle de se défaire de l’emprise du « cinquante nuances » ou non. Dans le premier tome, le but du livre semble porter uniquement à savoir si la mademoiselle va finir par céder à ses avances. Les réflexions d’Anastasia ne sont que des longueurs qui deviennent lassantes. De plus, la seule menace existante du livre ne semble pas représenter un véritable danger… Elle devrait être davantage présente afin qu’on lui accorde de l’importance. On peut alors déduire que l’histoire est vide. En second lieu, la trilogie se révèle à être très « gentillette » et puritaine alors qu’on s’attendrait à davantage de déchirements, de crises…et de souffrance! En effet, l’héroïne est terrifiée à l’idée de fessées, troublée face à un martinet… Bref, elle est perplexe sur tout et n’importe quoi. Au final, on pourrait dire d’elle une pauvre petite fille coincée par la vie. Cependant, tout est bien qui finit bien, dirait-on! Pour un genre sadomasochiste, « Fifty Shades » aura plus ou moins réussi son coup… On pense découvrir de nouveaux horizons, toutefois il n’en est rien.
   Niveau forme, c’est, par le fait même, loin d’être meilleur que le contenu. E. L. James s’est autoédité, puis n’a pas voulu bénéficier de relectures lors de son arrivée dans une maison d’édition. Voilà la raison des fautes littéraires qu’on y retrouve.
   La première : il y a énormément de répétitions. Anastasia rougit deux fois par page et se mord les lèvres tous les trois paragraphes. De plus, le mot « jouir » devient complètement banal à force d’en abuser…
   Le vocabulaire représente une autre faute majeure. Il est pauvre. Le niveau de complexité de l’écriture ne correspond pas à une littérature érotique. Il est très léger, voire enfantin. Quelle ironie de croire que c’est une écriture pour adultes!
   La troisième faute est en lien avec le rythme du récit. Il y a énormément de longueurs. Plusieurs passages traînent.
   Les livres de la saga ne sont donc pas si extraordinaires. L’auteure le dit elle-même : «Je suis impressionnée » en ajoutant que ses œuvres n’ont rien de révolutionnaire et qu’ils ne sont pas si bien écrits. Pour de la littérature érotique sadomasochiste, on pourrait faire mieux. Alors difficile de comprendre ce succès planétaire…
  

 Petit ajout: Eh oui, "Fifty Shades" était bel et bien le sujet de ma critique littéraire pour la classe... Pourquoi pas?







Présentation de mon 2e roman: "Love Identity"







Petite pause de critique ; je décide d’insérer deux extraits de mon roman écrit en secondaire deux, Love Identity. Je n’ai pas fait assez de démarches afin qu’il soit édité, mais j’ai pu avoir de bons commentaires de deux maisons d’édition. Peut-être devrais-je relancer les démarches? Je ne sais pas.






   Avant les extraits, voici le résumé sur la 4e de couverture (oui, oui, j’ai des versions reliées!) :
Loic
Ou
Matis
Ou
Laurenz
Ou
Michael
Ou
Maxime
Ou
Antoine
Ou
les autres…?
Me réjouir ou m’énerver? Ça fait des mois que ça dure, je
ne sais plus quoi en penser, et où cela va me mener. Est-ce
que mon admirateur secret va finir par se dévoiler? Si oui,
c’est pour quand?

 Premier extrait :
« Assise dans une ruelle sombre, je ferme les yeux, je les ouvre. La lune se lève de plus en plus, moi j’angoisse de plus en plus. J’attends. Je referme les yeux, je les rouvre. Toujours pas là. Mon cœur bat à toute allure, j’ai peur. J’ai peur du moment qui arrivera. J’ai surtout peur qu'il n’arrive jamais. Le vent se lève et souffle dans mes cheveux. Il fait froid, je me serre contre mon manteau de printemps pas assez chaud. Je ferme les yeux, je les ouvre à peine quelques secondes plus tard. Soudain, je le vois. Au loin, au bout de la ruelle, une silhouette prend forme. Mon ventre se serre. Je ne sens plus mes jambes. Une goutte de sueur coule le long de mon front. La forme humaine s’avance tranquillement. Trop tranquillement. Je ferme les yeux, je les rouvre. J’essaie de me lever, sans y parvenir. Je suis immobilisée par le choc, par l’intensité de ce que mon cœur digère. J’émets un gloussement. Il se tient à plusieurs mètres de moi, mais je ne le vois pas tout à fait, à cause de la noirceur. Décidée, je m’efforce de me mettre debout à l’aide de mes mains. Mes doigts sont eux aussi gelés. Levée, enfin, je remarque que l’individu s’arrête. Avec tout ce que je peux sortir de ma gorge, en un soufflement, je lui dis : « T’es qui? » En guise de réponse, je ne perçois que de brefs murmures. Qu’est-ce qui se passe? Tout ça est totalement insensé! Je lui répète alors : « Mais t’es qui?! » Même réponse. Au même moment que je m’apprêtais à partir à toute enjambée dans sa direction, mon admirateur secret me donne un baiser soufflé et me cite le plus doux des bonnes nuits jamais entendu. »

Deuxième extrait :
« On enlève nos skis. Précision : Il enlève ses skis pendant que je patente par tous les moyens inimaginables de détacher les miens de mes bottes. En deux secondes et quart, les skis et ses bâtons dans les mains, il comprend ma difficulté et vient m’aider sur-le-champ. Michaël me relève debout en me prenant par les deux mains puis il plante la pointe du bâton de ski dans un trou pour me sortir de ce &*/!(&%$*)% de ski. Les deux pieds libres, je pousse un soupir et je m’exclame, les bras dans les airs : « Enfin!!! ». Je me retourne vers mon sauveur-potentiel-admirateur-secret et, plus fort que moi, je me jette dans ses bras en le remerciant sincèrement. Totalement incontrôlable. Il m’a aidée à sortir de mon emprise pendant la dernière piste, et maintenant il s’occupe encore de moi! En me détachant de lui, j’ajoute :
Une chance que t’es là!
   Il rit un peu, suivi de mon rire plus ou moins hystérique. Ensuite, je prends mon équipement dans mes mains et on va dans le chalet de location.
   À l’intérieur, on se place dans la file d’attente longue comme le bras, puis on attend.
   On attend.
   On attend.
   On attend.
   On attend. »

Petit ajout: Oui, oui, mon style a légèrement changé depuis secondaire deux... 
Deuxième ajout: La page couverture est un peu plus noire en réalité... De plus, c'est ma tante qui l'a conçue... :) 

dimanche 15 septembre 2013

« Après moi » de Christian Bégin au théâtre La Licorne

  
  Honnêtement, je ne fréquente pas le théâtre très souvent. Alors que je m’apprêtais à réaliser l’affiche d’ « Après moi » pour ma couverture de cartable d’art dramatique, j’ai décidé que j’irais voir cette pièce.

   C’est la première fois que je rentrais dans un théâtre aussi intime que celui de La Licorne. C’était donc fascinant de constater une salle contenant à peine 200 sièges! La disposition de la salle était hors du commun avec la scène au milieu et les deux gradins qui se faisaient face.
   Hormis la disposition de la salle, la scène m’a également interpellée. Trois lits reposaient sur la scène (ouh, petit jeu de mots!) entre lesquels un faisceau de lumière les séparait, donnant immédiatement l’impression de trois chambres. Bien sûr, l’effet était réussi puisqu’il s’agissait de trois chambres dans un motel. L’une où un vieux couple s’y était arrêté pour tenter de revivre leur passion d’auparavant; celle pour un père qui tentait désespérément de mettre fin à ses jours; la dernière qui mettait en scène une aventure d’un soir.
   Tout ceci résultait une bien belle pièce comique… et émouvante. Le jeu des acteurs est si fort (en plus de leur proximité qui devait aider) qu’il nous fait vivre toutes sortes d’émotions au fil de l’histoire.
   On parle ici d’un individualisme fort. Chacun vit pour ses propres volontés, chacun se comprend lui-même. Il y avait plusieurs quiproquos très amusants et/ou passionnants à regarder…
   « J’suis là!!! C’est maintenant que ça se passe!
       (…)
      J’suis LÀ! Je suis là!!!»
   Le jeu abordé d’une façon comique tout au long de la pièce puis devenant dramatique à la toute fin, «Après moi» nous fait réaliser l’importance de vivre le moment présent.

   Après avoir vu cette représentation plutôt marquante à mon égard, je considère que la prochaine fois, lorsqu’une pièce me tentera, je n’hésiterai pas à y assister!

Petit ajout : C’est toujours étrange de parler aux comédiens cinq minutes après une représentation dans laquelle ils interprètent un rôle dur comme fer!

samedi 7 septembre 2013

La fille des souterrains de Roslund & Hellstrom



   Recommandé par une bonne amie, je n’ai pas hésité à me plonger dans la lecture de ce roman-ci. Je ne lis pas tant de romans policiers; toutefois, « La fille des souterrains », livre que j’ai achevé il n’y a pas très longtemps, est loin d’être une déception. Il ne laisse pas indifférent, je peux le garantir.
   Avant d’en donner le résumé, je tiens à citer les premières lignes de la postface des auteurs : « Dans ce roman, tout ce qui est invraisemblable est vrai. Et tout ce qui est vraisemblable est fictif. »
   Rien de mieux que le résumé décrit sur la 4e de couverture…
«  Une plongée dans les entrailles peu reluisantes de Stockholm…
Le corps d’une femme lardé de coups de couteau est retrouvé dans les sous-sols d’un hôpital. Le même jour, quarante-trois enfants roumains sont abandonnés dans le centre-ville. Deux enquêtes s’ouvrent; la première est dirigée par le commissaire Ewert Grens, qui identifie la victime. Il s’agit de Liz Pedersen, divorcée qui élevait seule sa fille, Jannike, elle-même portée disparue depuis deux ans. Parallèlement, Mariana Hermansson s’aperçoit que d’autres enfants ont déjà été abandonnés dans des circonstances similaires à Rome, Francfort, Copenhague et Oslo. La piste de l’escroquerie à l’aide humanitaire semble privilégiée… Les découvertes que vont faire Mariana et Ewert changeront à jamais leur existence et leur vision de la société suédoise. »

   Au début, avec quatre situations en parallèle (dont trois analepses), peut s’avérer étourdissant, je l’admets. Par contre, au fil de la lecture, on se replace rapidement. Je considère que ce changement de situation comme tel montre une particulière efficacité au sein de ce récit; plusieurs événements se déroulent aux mêmes moments.
   D’une écriture se voulant non pressante, les mots s’avalent bien, puis le suspense reste très présent tout au long du roman.

   Certains passages font davantage « craindre » que d’autres. On explore la misère des jeunes dont certains se droguent, se prostituent, ou adviennent dans un état de psychose.
   Je pourrais affirmer qu’au bord d’un feu de camp, en soirée tardive, ça commence à faire affreusement peur.

   Bien sûr, je ne parlerai pas de la fin, très révélatrice. En deux mots, je la décrirais comme choquante et touchante.

   Petit ajout : J’aime particulièrement la couverture, illustrant bien la réalité décrite au fil du récit.
  

   Pour ceux et celles qui aiment le genre, je vous le suggère fortement.