dimanche 22 décembre 2013

Contes Urbains au théâtre La Licorne

  Cette semaine, je suis retournée au théâtre La Licorne assister à une pièce traditionnelle du temps des fêtes, « Contes Urbains ». Je ne savais plus ou moins à quoi m’attendre.
 Dès que le spectacle a commencé, j’ai tout de suite été chavirée par le piano, l’orgue et le tambour qui résonnaient dans la pénombre.


   Six contes. De six auteurs différents. Leur point commun : ces textes parlent tous de la ville, des Fêtes et de la vie en général.

   Le premier s’intitule « Madame Renard », écrit par Julie-Anne Ranger-Beauregard. Malgré la sensibilité de la comédienne Rachel Graton et les belles images qu’évoque ce conte, je m’en suis lassée vers la fin. L’histoire, racontant les légendes animalières, ne m’accrochait simplement plus.

   J’ai adoré le contraste entre le premier et le deuxième conte, « Saucisse Bacon » de Martin Bellemare. Hubert Proulx était déjà là, sur le mince passage séparant les deux gradins, apparu comme par magie. Il avait un conte à nous raconter, pourtant, l’explication des événements qui venaient tout juste de se produire en a fait une autre histoire. Un concept de Martin Bellemare que j’ai adoré. Nous plongeant dans une nostalgie paternelle, ce texte, souvent teinté d’humour, a été l’un de mes contes préférés de la soirée.

   Le prochain conte a probablement été mon favori des six. Écrit par Rébecca Deraspe, « Votre crucifixion » racontait l’histoire de Marie (et de son petit Jésus) qui incarnait parfaitement la mère québécoise. Catherine Trudeau, dans un jeu tout à fait hilarant, nous livrait un texte aux dimensions exagérées mais aux sujets souvent révélateurs. La culpabilité parentale, le jugement de ceux qui « savent », le comportement des enfants ont été les sujets d'un récit très brillant et très drôle.

   Après l’entracte, nous sommes repartis en flèche avec le texte d’Olivier Sylvestre et le comédien Hubert Lemire. Il nous raconte l’histoire de son colocataire gai, vivant une peine d’amour complètement inattendu. Un conte rythmé, touchant, rigolo par moments, avec une fragile vérité et un lien fort avec la réalité. Pas étonnant que ce soit le récit que j’ai préféré… (avec le conte précédent, bien sûr!)

   Le quatrième conte, « Ruby pleine de marde », a été selon moi beaucoup plus divertissant qu’évocateur. Il raconte l’histoire de deux individus qui se retrouvent coincés ensemble, dans un party d’une famille arriérée : une petite Ruby détestable et un jeune homme qui se fait passer pour le colocataire de son amoureux. Un texte de Sébastien David, une interprétation amusante de Mathieu Gosselin.

   J’aurais voulu être plus au courant de l’actualité pour saisir tous les messages percutants et révélateurs de la réalité qui passent dans le dernier conte du spectacle : «Ce qui dépasse » d’Annick Lefebvre. Même si je ne comprenais pas tout, ça a été le texte qui m’a le plus touché. On porte une grande réflexion sur l’individualisme en fin 2013, on insiste sur l’importance de se rappeler de Nous, et on se remémore les moments forts vécus dernièrement. Le texte m’est arrivé droit au cœur lorsque Marie-Ève Milot a énuméré les 47 morts survenus lors de la tragédie du déraillement de chemin de fer du Lac Mégantic. Lorsque son décompte de fin d’année a été achevé, elle a levé son verre de champagne haut dans les airs puis nous a souhaité une bonne année.
   Ça, c’est ce que j’appelle : terminer en beauté.


   J’ai été agréablement surprise par les « Contes Urbains ». L’humour, les moments touchants et la possibilité de porter une réflexion sur la réalité me feront certainement retourner prochainement au théâtre La Licorne. 

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